L’effacement
L’apartheid
De 1948 à 1994, la politique de l’apartheid a régi les relations entre la minorité blanche d’Afrique du Sud et la majorité non blanche racialisée, comprenant les Bantous (Africains), les métis (personnes d’origine à la fois blanche et africaine) et d’autres groupes racialisés. L’apartheid était un système oppressif, fondé sur la discrimination en fonction de la race et restreignant les opportunités politiques, économiques et sociales des Sud-Africains racialisés. Inscrit dans la loi en Afrique du Sud en 1948, l’apartheid s’apparentait à la loi sur la ségrégation aux États-Unis. Sous le régime de l’apartheid, de nombreux soulèvements violents ont eu lieu. De nombreux Sud-Africains racialisés ont été victimes de brutalités policières, d’emprisonnements injustes, d’enlèvements et d’autres formes de préjudice. L’apartheid a pris fin en 1990-1991.
De nombreux immigrants racialisés originaires d’Afrique du Sud n’ont pas pu profiter immédiatement (voire jamais) des opportunités économiques au Canada, car le système éducatif de l’apartheid veillait à ce que les Sud-Africains noirs ne soient formés qu’à des postes de servitude, ou à ce que leurs diplômes ne soient pas reconnus. Bien que l’apartheid n’existe plus, les diplômes universitaires obtenus dans les pays africains ne sont pas toujours reconnus au Canada lorsque des gens quittent l’Afrique pour s’installer ici.
Libérez Nelson Mandela
Le système de l’apartheid légalisait la ségrégation raciale, ainsi que la discrimination économique et politique à l’encontre des Sud-Africains racisés.
En vertu de la loi sur le recensement de la population de 1950, tous les citoyens devaient s’enregistrer dans l’une des catégories suivantes : bantou (Africain), métis (ascendance mixte), asiatique (Indien ou Pakistanais) ou blanc. Le logement, les infrastructures, la scolarité et d’autres entités mises en place par le gouvernement étaient alors organisés en fonction de critères raciaux. Il était interdit aux personnes non blanches de vivre avec des Blancs, de posséder des terres et d’exercer une activité commerciale en dehors de la zone qui leur était désignée. De ce fait, les Sud-Africains racialisés étaient aussi privés du droit d’être propriétaires de leurs propres terres. Afin de s’assurer que les Sud-Africains non blancs n’aient pas librement accès aux quartiers blancs, des « lois sur les laissez-passer » avaient été promulguées. Ces lois obligeaient les Sud-Africains racialisés à porter sur eux un livret de laissez-passer pour pouvoir avoir l’autorisation de se rendre dans les quartiers blancs dans un but précis.
À des fins de contrôle politique, les Sud-Africains noirs avaient été privés de leur citoyenneté. Ils ont ainsi été exclus de tous les niveaux du gouvernement et privés du droit à l’autonomie politique. Des normes éducatives distinctes avaient été établies pour les élèves non blancs. Les écoles publiques préparaient les élèves racialisés aux travaux manuels et à des emplois subalternes, jugés adaptés aux enfants non blancs. D’autres lois interdisaient les mariages et les relations interraciales. La loi de 1950 sur la répression du communisme considérait tout acte d’opposition au gouvernement comme un acte communiste, passible de sanctions pénales. Enfin, la loi sur l’immunité accordait aux agents de police l’impunité (l’exonération de toute sanction) pour les actes de violence et de torture ou les homicides commis dans l’exercice de leurs fonctions.